Passer son permis avec des enfants, c’est possible !

La vie en banlieue avec des enfants, c’est classique. S'y déplacer en tribu en bus, c’est déjà plus rare. Anciens Parisiens accros aux transports en commun : il est encore possible d'apprendre à conduire.
Décrocher le permis à 18 ans, c’est bien. A 34 ans avec deux enfants, c’est héroïque. Voici cinq conseils indispensables.

1-Oubliez tout de votre passé sur la route

Votre expérience douloureuse avec votre père sur un parking de campagne ou dans une auto-tamponneuse avec les enfants l’année dernière : faites table rase sur votre passé au volant.

[Dans mon cas, une conduite accompagnée stoppée pour cause d’incompatibilité de caractère avec la monitrice, un examen de code raté à 16 ans et demi dans une salle sombre du 94 (ont-ils la lumière parfois dans ces centres ?), une deuxième inscription non suivie des faits à 19 ans sur Paris pour cause de flemme monstrueuse et de parisianisme affiché (« Pourquoi je conduirais ? J’ai le métro ! »).]

 

Mon conseil : renseignez-vous, vous pouvez peut-être encore récupérer votre dossier d’ancienne auto-école et le transférer dans une nouvelle sans perdre trop de sous… Lorsque j’ai passé la porte pour récupérer le mien (15 ans après !), le patron qui m’a reconnu (ouf!) a applaudi et a dû convertir les sommes en euros. Véridique.

2- Trouvez une auto-école bien située

Je ne parle pas du troquet sympa à côté mais de la compatibilité avec votre adresse et votre lieu de travail. Si vous devez faire 25 minutes de vélo pour prendre une leçon, vous ne tiendrez pas une semaine. En revanche, si vous pouvez caler vos cours à l’heure du déjeuner, en sortant du bureau ou au saut du lit le samedi matin, c’est tout bon !

Mon conseil : si vous prenez l’option « près du boulot », munissez-vous de lunettes de soleil pour conduire car vous allez croiser vos collègues de retour de la boulangerie. Et ils vont rire.

3- Faites preuve de beaucoup beaucoup de recul

Une auto-école est un lieu d’apprentissage pour adolescents en quête de liberté. Vous allez donc faire figure d’attardé en moins de deux. On va vous tutoyer (qui me parle ?), vous appeler par votre prénom tout de suite (enchantée), vous expliquer les papiers à transmettre en articulant comme à la Sécu et vous proposer des créneaux (ah ah) de leçons  de 15h à 16h (mais bien sûr… « je reviens, faites la réunion sans moi! »).  Bref, en rentrant chez vous, inspirez, souriez, exultez.

Mon conseil : l’avantage de choisir une auto-école dans une « zone de bureaux » c’est que vous serez plusieurs « vieux de plus de 30 ans » à vous soutenir (et à savoir qu’avant on s’allongeait à l’arrière pour partir en vacances… bah oui les jeunes).

4- Choisissez des formules rapides et pratiques

Avec un, deux ou trois enfants (quatre, j’abandonne, restez à pattes) il s’agit de gagner du temps. Pour le code, trois jours intensifs (pour ma part dans un sous-sol avec des béquilles mais je vous renvoie au point trois, le recul est l’ingrédient principal de votre réussite) plus un examen une semaine après avec des révisions à la maison = succès garanti.

Autre option : PermiGO, une auto-école 100% en ligne (sauf la conduite hein, faut pas pousser). De mon temps ça n’existait pas mais l’idée de pouvoir préparer le code, gérer les rendez-vous pour les leçons (choisir les moniteurs !) et tout le bazar administratif depuis le smartphone me parait magique.

Ensuite pour la conduite, groupez les leçons pour progresser plus vite (par deux heures, six par semaine c’est top). Et lorsque vous arrivez au bout du forfait de base, demandez à passer en conduite supervisée. Oui le truc pour les lycéens avec leurs parents. Sauf que vous allez le faire avec votre conjoint(e) et que vos cours vont se transformer en trajets utiles : grand-mère, le cinéma, les copains, la vie.

Mon conseil : le macaron « conduite supervisée » vous donnera un haut potentiel comique puisque vous avez deux sièges-auto à l’arrière. Ouaich maman l’ado. Et votre entourage ajoutera « Apprendre à conduire en couple, c’est un truc à divorcer, t’es dingue ! ». Ce à quoi vous répondrez « Nous on connaît nos priorités (jolie celle-là !) » en pensant à votre compte en banque vide.

Mon conseil 2 : apprendre à conduire avec un ou des enfants à l’arrière est une épreuve (« La tétine a t-elle la priorité sur le camion qui arrive en face ? Oui; Non; Tout dépend du panneau à l’intersection ») mais un mari/une femme aimant(e) et confiant(e) a le don de détendre au volant et de faire apprendre deux mille fois plus vite. L’absence de budget parti en fumée en une heure déstresse aussi pas mal.

Mon conseil 3 : il existe des voitures à double commande à louer  pour ceux qui n’auraient pas l’autorisation de faire la conduite supervisée tout de suite. Je conseille au moins quelques heures pour lever des blocages et avancer !

5-Faites de vos faiblesses une force

Vous dormez mal. Vous courrez tout le temps. Vous voulez bien faire. Bref vous êtes un parent. Et vous avez envie de tout sauf de tourner sur des rond-points de zone industrielle pendant que vos enfants jouent dans le jardin en ce samedi ensoleillé. Bref l’anxiété vous guette. Et le risque du diagnostic tout en finesse de l’auto-école aussi : « vous devriez consulter, je sens que vous avez un souci avec la voiture ». Encore une fois, prenez du recul. Accrochez-vous à ce qui vous fait progresser. Et dites-vous bien que votre sens des responsabilités fera la différence le jour J (ou pas, soyons honnêtes).

Mon conseil pour préparer le permis enceinte : Vous avez peur de mettre en danger vos ovaires, vos fœtus, vos bébés et c’est compréhensible. Pourtant il n’y a pas de contre-indication à conduire enceinte si ce n’est en cas d’avis médical contraire ou de ventre trop encombrant. Sachez néanmoins (j’ai fait tout une partie de ma formation pendant les deux premiers trimestres de ma grossesse) qu’il vaut mieux ouvrir la fenêtre les trois premiers mois car les nausées sont augmentées par la douce odeur du sapin à la vanille. Prenez aussi le temps de bien régler votre siège et votre volant afin de pouvoir continuer à respirer. Enfin, il faut savoir que vous aurez peut-être mal au dos, des difficultés à faire vos contrôles en reculant (torsion du buste) et une fâcheuse tendance à pleurer dès que vous oublierez votre clignotant.

 Le jour de l’examen, devenez Flash McQueen

Si vous avez obtenu une date pour passer le permis (il faut parfois insister auprès de l’auto-école, ils ont tellement peur que leurs candidats échouent qu’ils attendent que vous soyez pilote de formule 1), préparez l’examen comme un maboule. Vous devez faire corps avec la voiture, tout connaître d’elle, du bouton pour actionner les essuie-glaces arrières au moindre frémissement du moteur en passant par le type de carburant qu’elle préfère (ce n’est pas le lait de croissance).

Révisez votre code (car vous pouvez être sûre que vous avez déjà tout oublié ou presque). Habillez-vous comme un ado et soutenez aux autres candidats que vous faites un Master. Master périnatalité. Dormez ailleurs que chez vous la veille pour éviter l’effet zombie. Souriez. Soyez poli au point qu’on vous prenne pour un étudiant en Master. Master politesse.

Conduisez sereinement comme si personne ne chantait la Reine des Neiges à l’intérieur de votre tête et que vos collègues ne vous envoyaient pas des SMS toutes les 10 minutes « Alors tu l’as eu ? »

Oubliez que le temps d’attente pour repasser le permis en région parisienne oscille entre un et 62 ans .

Priez au moment d’ouvrir la lettre de réponse. Embrassez vos enfants et emmenez-les fêter ça au McDal de la commune limitrophe même pas accessible en bus. Classe.

Et vous, quelles sont vos astuces pour passer le permis avec des enfants ?

K.A-B

Showing 2 comments
  • mynessssou
    Répondre

    Super cette article, ca m’emcourage a me lancer. J’ai deux enfants, une fille de 21 mois et un bebe de tout juste 15 jours et je commence a voir que sans voiture ,c’est tres complique.

    Merci pour ces conseilsqui vont aider plus d’une personne

  • Lilly
    Répondre

    Je viens juste d avoir mon permis à 30 ans et avec 2 enfants et surtout en sachant que la conduite était vraiment ma phobie lié à des événements très douloureux de mon passé. J ai eu mon code du 1er coup coup en 3 mois et idem pour la conduite pourtant c était pas gagné. Il suffit de être très motivé et de ne pas se laisser envahir par ses angoisses en tous cas l envie doit prendre le dessus. Bon courage.

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